Tchernobyl, postface

17 et 18 août

Quand même, 48 et 72 heures après être revenus, les images continuent à occuper les pensées.
Ce qui perdure, c'est le sentiment que des réalités qu'on croyait identifiées, délimitées, connues, ont acquis des significations impensées jusque là.
Un cimetière, pas seulement des tombes pour les êtres chers disparus, mais aussi...

... du savoir abandonné qui ne se transmettra plus

... des outils qui ne sont plus que leurs composants éparpillés...
... des oeuvres d'art sans public...







... des machines laissées sur place pour personne...







... des ateliers où ne s'activent plus d'ouvriers...
 ... un quartier, en préparation sur la berge de la rivière, enfoui avant même d'être sorti de terre...
... un cinéma sans spectateurs...
 ... un stade où on ne voit plus que des arbres se disputer le terrain...
Au fond, ce n'est pas une ville fantôme, c'est un immense cimetière de ce qui s'est arrêté soudain. 
Et aucun prince charmant ne viendra écarter la végétation envahissante pour réveiller d'un baiser quelque belle endormie.
Glaçant.

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