Tchernobyl
17 et 18 août
Tchernobyl ! On est enfin arrivés sur ce lieu emblématique de l'histoire des accidents industriels majeurs contemporains.
C'est d'abord une zone extrêmement contrôlée et verrouillée par l'armée : zone d'exclusion-aliénation de 30km et zone d'exclusion-aliénation de 10km.
On ne peut donc s'approcher qu'avec un tour operator habilité et le business du tourisme nucléaire est visiblement bien calibré.
On réserve (longtemps à l'avance), on paie (cher), on passe par un cirque promotionnel (plutôt ridicule)... et on est savamment conduits par étapes jusqu'aux lieux "parlants" en passant par divers spots à l'intérêt limité que la jeune et souriante guide-animatrice s'applique à faire apprécier. Et Marija a été professionnelle et efficace d'un bout à l'autre de ce périple.
La tension émotionnelle est maintenue à grand renfort de dosimètre qu'il faut apprendre à utiliser, de film documentaire historique, de monuments commémoratifs, d'anecdotes historiques poignantes, de consignes censées éviter au client touriste de se couvrir de poussières radioactives. On joue aux visiteurs aventuriers comme on jouait enfants aux cow-boys et aux indiens.



Mais on se prête au jeu (pas très malin puisqu'on finit pas prendre une dose de radiations pas tout à fait futile ; dose annuelle considérée comme dangereuse = 100 millisieverts ; mesure maximale obtenue = 0,14 par heure, soit 1226 millisieverts par an; en clair 12 fois plus que le seuil à risque 🤤😟) car on veut sentir par soi-même en quoi ce lieu peut bien marquer l'esprit.
Au fil de la première journée, on se prend à oublier le folklore et l'on perçoit de plus en plus fortement l'impact destructeur de cette catastrophe sur les individus, sur les structures politico-militaires......
Un tout petit lieu abandonné... une histoire individuelle qui donne un sens à l'Histoire.
Un énorme complexe militaire en ruines avec son radar... une nouvelle tour de Babel.
Une école dévastée avec ses salles d'activités et de repos bien reconnaissables... l'enfance bafouée.
On ne peut faire la part respective des années d'abandon avec la dégradation naturelle, du pillage des matériaux et des objets récupérables, de la mise en scène pour touristes... mais ça serre la gorge.
Il y avait des gens là, ils vivaient, ils riaient, ils pleuraient, ils jouaient, ils travaillaient...
Il n'y a plus que leurs fantômes dans ces lieux livrés aux courants d'air et à la végétation qui renaît.
Aux artistes on a permis, dans la ville fantôme de Pripiat, d'illustrer par des graphes leur vision de cette histoire.
"Faut-il en rire ? Faut-il en rire ou bien pleurer ? Je n'ai pas le coeur à le dire. On ne voit pas le temps passer"
Pour évacuer le malaise, on fanfaronne, on plaisante : "Courrez les enfants, ça a pété à la centrale".
Je me hâte de rire de tout de peur de devoir en pleurer. comme disait Figaro.
On mitraille avec son appareil photo ou sa caméra... prenant tous les mêmes images, aux mêmes endroits, comme d'autres l'ont fait et d'autres le feront.
Allez ! chacun son tour. Ne reste pas dans le champ de la prise de vue. Tu peux me prendre en photo ? Zut le contre-jour...
A-t-on seulement risqué quelque chose ?
Le portique en sortie vérifiera que non...
Que valent les blagues ? Que diront plus tard ces photos et pour qui ?
Mais le malaise revient lorsque le programme se clôt par la séquence charity business avec visite chez une dame veuve, revenue s'installer dans une petite maison de la zone interdite. Mise en scène avec "questions à de vrais gens", musique et partage de nourriture populaire avec vodka... appel à générosité. On est bête et on se laisse embarquer dans ce "cinéma" voyeur.
On retrouve son dortoir de l'auberge de jeunesse et sa moto avec le sentiment d'être (peut-être) un peu moins étranger à ce qui s'est passé là. On a essayé de regarder avec sérieux mais sans se prendre au sérieux.
"Quand le sage montre du doigt la folie de l'homme, l'imbécile regarde le doigt ".
Tchernobyl ! On est enfin arrivés sur ce lieu emblématique de l'histoire des accidents industriels majeurs contemporains.
Une centrale nucléaire explosée...
...que l'artiste traduit dans cette allégorie
et à cause de laquelle bien des pompiers se sont sacrifiés en illustrant leur devise : "Ma vie pour La vie".C'est d'abord une zone extrêmement contrôlée et verrouillée par l'armée : zone d'exclusion-aliénation de 30km et zone d'exclusion-aliénation de 10km.
On ne peut donc s'approcher qu'avec un tour operator habilité et le business du tourisme nucléaire est visiblement bien calibré.
On réserve (longtemps à l'avance), on paie (cher), on passe par un cirque promotionnel (plutôt ridicule)... et on est savamment conduits par étapes jusqu'aux lieux "parlants" en passant par divers spots à l'intérêt limité que la jeune et souriante guide-animatrice s'applique à faire apprécier. Et Marija a été professionnelle et efficace d'un bout à l'autre de ce périple.
La tension émotionnelle est maintenue à grand renfort de dosimètre qu'il faut apprendre à utiliser, de film documentaire historique, de monuments commémoratifs, d'anecdotes historiques poignantes, de consignes censées éviter au client touriste de se couvrir de poussières radioactives. On joue aux visiteurs aventuriers comme on jouait enfants aux cow-boys et aux indiens.



Mais on se prête au jeu (pas très malin puisqu'on finit pas prendre une dose de radiations pas tout à fait futile ; dose annuelle considérée comme dangereuse = 100 millisieverts ; mesure maximale obtenue = 0,14 par heure, soit 1226 millisieverts par an; en clair 12 fois plus que le seuil à risque 🤤😟) car on veut sentir par soi-même en quoi ce lieu peut bien marquer l'esprit.
Au fil de la première journée, on se prend à oublier le folklore et l'on perçoit de plus en plus fortement l'impact destructeur de cette catastrophe sur les individus, sur les structures politico-militaires......
Un tout petit lieu abandonné... une histoire individuelle qui donne un sens à l'Histoire.
Un énorme complexe militaire en ruines avec son radar... une nouvelle tour de Babel.
Une école dévastée avec ses salles d'activités et de repos bien reconnaissables... l'enfance bafouée.
Il y avait des gens là, ils vivaient, ils riaient, ils pleuraient, ils jouaient, ils travaillaient...
Il n'y a plus que leurs fantômes dans ces lieux livrés aux courants d'air et à la végétation qui renaît.
Aux artistes on a permis, dans la ville fantôme de Pripiat, d'illustrer par des graphes leur vision de cette histoire.
"Faut-il en rire ? Faut-il en rire ou bien pleurer ? Je n'ai pas le coeur à le dire. On ne voit pas le temps passer"
Pour évacuer le malaise, on fanfaronne, on plaisante : "Courrez les enfants, ça a pété à la centrale".
Je me hâte de rire de tout de peur de devoir en pleurer. comme disait Figaro.
On mitraille avec son appareil photo ou sa caméra... prenant tous les mêmes images, aux mêmes endroits, comme d'autres l'ont fait et d'autres le feront.
Allez ! chacun son tour. Ne reste pas dans le champ de la prise de vue. Tu peux me prendre en photo ? Zut le contre-jour...A-t-on seulement risqué quelque chose ?
Le portique en sortie vérifiera que non...
Que valent les blagues ? Que diront plus tard ces photos et pour qui ?
Mais le malaise revient lorsque le programme se clôt par la séquence charity business avec visite chez une dame veuve, revenue s'installer dans une petite maison de la zone interdite. Mise en scène avec "questions à de vrais gens", musique et partage de nourriture populaire avec vodka... appel à générosité. On est bête et on se laisse embarquer dans ce "cinéma" voyeur.
"Quand le sage montre du doigt la folie de l'homme, l'imbécile regarde le doigt ".





































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